Pourquoi je culpabilise sans raison ?
- DUTHU Anne Françoise
- il y a 5 jours
- 7 min de lecture

🌿Pourquoi je culpabilise sans raison ?
La différence entre une culpabilité qui vous appartient, et une qui ne vous appartient pas !
Vous arrive-t-il de culpabiliser pour des choses qui, au fond, ne dépendent même pas de vous ? D'avoir dit non, d'avoir pris du temps pour vous, d'avoir posé une limite ?
Ou pire : d'avoir accepté de dire ou de faire quelque chose que vous ne vouliez pas ? Voire même de porter une culpabilité dont vous ne connaissez même plus l'origine ?
Je vous rassure, vous n'êtes pas seule ! En effet, 2 femmes sur 3 se disent aujourd'hui plus touchées par la charge du quotidien que les hommes, et 61 % des hommes avouent ne même pas la percevoir chez leur compagne (étude Ipsos, 2018). Malheureusement nous n'avons pas de données statisitiques fiables plus récentes. Aussi, j'aimerai insister sur le fait, qu'il ne s'agit donc pas une fragilité personnelle, c'est un phénomène de société documenté.
Nous allons explorer entre autres la provenance de vos croyances limitantes, et le rôle caché de l'ego dans tout cela et nous pencher sur l'une des émotions les plus envahissantes de la vie intérieure féminine : la CULPABILITE.
Toute culpabilité mérite d'être écoutée, mais toute culpabilité mérite de ne pas être crue. Ceraines culpabilités signalent un tort qui appelle une réparation. D'autres révèlent seulement un conflit entre une personne qui grandit et les anciennes règles auxquelles ella a appris à obéir.
🌿Pourquoi je culpabilise autant ?
La culpabilité n'est pas votre ennemie ! Et pourtant, bien souvent, nous portons sur elle un regard sombre avec beaucoup d'auto-dévaluation, voire même de la honte, de la tristesse intérieure en nous.
Et si nous nous autorisions à ouvrir l'angle de vue en prenant en compte, qu'à l'origine, elle peut être une émotion précieuse !
En effet, elle nous alerte lorsque nous nous éloignons de nos propres valeurs, et elle nous pousse à réparer un lien que nous sentons abîmé. Elle apparait donc lorsqu'une personne reconnait avoir causé du tort, transgressé une valeur ou un manque d'engagement. Elle ramène sur un feed-back situationnel pour le réajuster. Elle n'a pas fonction de condamner la personne, mais de lui signaler qu'un lien a été abîmé ou qu'une valeur importante a été blessée.
Pour exemple, c'est elle qui vous fait rappeler une amie après une parole trop dure, ou revenir vers un proche après un malentendu. Dans ce rôle-là, elle est une boussole.
Elle peut alors conduire à plusieurs mouvements constructifs :
Reconnaitre les faits sans les minimiser,
Exprimer des regrets,
Réparer lorsque cela est possible,
Demander pardon sans exiger d'être immédiatement réhabilitée,
Modifier concrêtement son comportement.
Dans ce cas, cette culpabilité devient un signal éthique. Elle dit : "Quelque chose demande à être regardé et peut-être restauré. Elle ne raconte pas forcément : " Je suis une mauvaise personne".
Mais il existe une autre culpabilité, bien plus silencieuse et bien plus lourde : celle qui n'a plus de fonction réparatrice, qui ne correspond à aucune faute réelle, et qui pourtant s'installe, se love dans le corps, et dicte vos choix depuis l'ombre. C'est celle qui vous fait vous excuser d'exister, culpabiliser de réussir, culpabiliser de vous reposer, culpabiliser d'avoir des besoins.
Il est nécessaire de ne pas confondre la culpabilité et la honte, car en effet, la culpabilité porte sur un acte, comme par exemple "j'ai fait quelque chose de mauvais'.. par contre, la honte atteint l'identité , comme par exemple se répéter : "je suis mauvaise, indigne, nulle.....".
La culpabilité ajustée pousse à la réparation. Par contre la honte pousse davantage à la dissimulation, à l'isolement, ou à l'auto-punition. Retrouvez l'article sur la honte au sein derniers articles parus.
J'aimerai que vous vous posiez la question ? :
"Est ce que je ressens de la culpabilité et/ou de la honte? "
L'autre questionnement important, n'est donc pas « comment se débarrasser de toute culpabilité ? », mais plutôt : cette culpabilité m'appartient-elle vraiment ?
🌿Pourquoi je culpabilise pour des choses qui ne dépendent pas de moi ?
Cette culpabilité-là ne naît presque jamais d'un acte. Elle naît d'un apprentissage, souvent très ancien.
Beaucoup de femmes ont appris, enfants, qu'être aimée dépendait d'être « sage », discrète, disponible pour les autres avant de l'être pour elles-mêmes.
Elle apparait lorsque quelqu'un sort d'un rôle familial, d'une loyauté invisible, d'une norme culturelle ou d'un héritage émotionnel. Cette petite fille intérieure a intégré une règle silencieuse : si je prends de la place, je fais du tort à quelqu'un. Devenue adulte, cette croyance continue d'agir, invisible, chaque fois qu'elle ose dire non, se préserver, ou simplement être heureuse alors qu'un proche traverse une difficulté.
Cette culpabilité peut aussi être transgénérationnelle : héritée d'une mère, d'une grand-mère, d'une lignée entière de femmes qui se sont oubliées par devoir. Vous ne portez alors pas seulement votre propre fardeau, mais celui d'un héritage culturel, éducatif, familial, celui d'une histoire familiale entière qui ne vous appartient pas davantage.
Vous pouvez ressentir alors de la culpabilité à dire non, en posant une limite, en réussissant davantage que votre famille, en devenant heureuse, en ne reproduisant pas les souffrances transmises, en choisissant un conjoint, un métier ou un mode de vie différent, ou en cessant de sauver tout le monde. Il s'agit dans ce cas de culpabilité de séparation, un appel à la différenciation car vous devenez plus libre, plus différencié et plus fidèle à votre conscience. Toutefois, cette évolution peut être vécue intérieurement comme une trahison aux règles, au clan, à des modes émotionnels ou de croyances anciens....
Cette culpabilité ne prouve pas nécessairement que la décision est mauvaise, mais simplement révéler que la personne est en train de désobéir à une ancienne règle intérieure pour se différencier, s'autonomiser, devenir plus indépendant et gangner en maturité par rapport à des groupes sociaux, qu'ils soient familial, environnemental, culturel, religieux.
Le malaise ressenti est réel, mais son interprétation peut être fausse. Une émotion authentiquie ne fournit pas automatiquement une conclusion juste !
Ce qui fait basculer une culpabilité passagère et utile en fardeau permanent porte un nom : la rumination. C'est ce mécanisme de pensée qui revient sans cesse sur le même événement, la même parole, la même « erreur », sans jamais déboucher sur une action ni sur un apaisement.
Le psychologue Yves-Alexandre Thalmann, spécialiste des émotions, le résume bien : penser sert normalement à agir, mais quand la pensée tourne en boucle sans jamais passer à l'action, elle perd sa fonction et devient un dialogue intérieur sévère et stérile. C'est ce cercle-là qu'il faut interrompre, pas la culpabilité elle-même.
🌿La notion de loyanté
Vous pouvez rester fidèle à son système familial en reproduisant ses interdits, ses peurs, ou ses privations.
Vous pouvez penser inconsciemment :
"Si je vais mieux, le laisse les autres derrière moi", ou bien "Si je réussis, je deviens différente de ma famille", ou "si je pose une limite, je cesse d'être aimante, et encore "si je suis heureuse, je minimise les soufffrances vécues avant moi"...;
J'aimerai vous dire que l'héritage familial n'est pas une fatalité. Il exerce une influence, mais il ne constitue pas une condamnation. Vous avez pu recevoir l'histoire, puis discerner ce que vous voulez transmettre et ce que vous choisissez de rompre. Il s'agit de votre liberté, de votre autonomisation, votre individuation.
🌿Comment arrêter de culpabiliser ? 3 pistes concrètes
1. Interrogez le signal. Avant toute chose, posez-vous la question et discerner :
Cette culpabilité m'invite-t-elle à réparer un lien réel, ou est-ce une charge que je porte depuis toujours, sans en connaître l'origine ? Cette simple question désamorce déjà une grande partie de la charge.
2. Remontez à la source. Si la culpabilité semble ancienne, disproportionnée, ou qu'elle revient sans cesse quels que soient les événements, un travail sur l'enfant intérieur permet souvent d'identifier le moment précis où cette croyance s'est installée, et de commencer à la dénouer à la racine plutôt que de lutter contre ses symptômes. Cela permet aussi d'interroger la voix intérieure du "censeur" du "dictateur intérieur" voulant nous faire respecter des règles de survie pour rester intégrée au groupe. Quand l'identifier et reprendre de la liberté vis à vis de lui.
3. Libérez ce qui n'est pas à vous. C'est ici que le travail énergétique prend tout son sens avec différents outils : l'EFT permet de désamorcer la charge émotionnelle logée dans le corps par des séquences de tapping ciblées ; le Ho'oponopono aide à dissoudre une culpabilité liée à une personne ou une situation précise, par un processus de pardon et de reconnexion ; l'Access Bars, en libérant les tensions accumulées, ouvre un espace où la culpabilité n'a plus la même prise. la liste n'est pas exaustive. L'identification des croyances limitantes et un travail de transmutation seront nécessaires pour améliorer l'image de soi, l'estime de soi, s'autoriser à prendre une place plus assumée dans le groupe social d'appartenance.
🌿Ce que cela change
la culpabilité n'est pas toujours un ennemi, ni toujours une vérité. Elle est un signal à interpréter. Lorsqu'elle révèle une faute réelle, elle peut conduire à la reconnaissance, à la réparation, et au changement.
Lorsqu'elle provient d'un conditionnement, elle invite à examiner d'anciennes règles qui gouvernent encore vos choix. Et lorsqu'elle se transforme en honte, elle a besoin d'être confrontée à une vérité plus grande que la condamnation.
Se libérer d'une culpabilité qui ne vous appartient pas, ce n'est pas devenir insensible ou égoïste. C'est au contraire retrouver la capacité de ressentir une culpabilité juste, quand elle a du sens, sans être submergée en permanence par une charge qui n'a jamais été la vôtre. C'est reprendre votre souveraineté intérieure, et faire de la place pour ce qui vous appartient vraiment : vos choix, votre repos, votre joie.
J'aimerai vous inviter à vous poser cette question :
Cette voix intérieure vous conduit-elle vers la vérité, la responsabilité et l'amour, ou bien vers la peur, la dissimulation, le mépris de vous même ?
🌿Pour aller plus loin :
🎧Si le sujet des ruminations et de la culpabilité vous parle, je vous invite à écouter l'épisode :
« Ruminations, culpabilité : libérez-vous de ce qui plombe » du podcast Métamorphose, avec le psychologue Yves-Alexandre Thalmann. https://shows.acast.com/metamorphose-le-podcast-qui-eveille-la-conscience/episodes/ruminations-culpabilite-liberez-vous-de-ce-qui-plombe-avec-l
Il y propose des techniques concrètes pour apaiser ce dialogue intérieur sévère, non pas pour supprimer toute culpabilité, mais pour désamorcer les ruminations qui l'entretiennent inutilement.
Il est aussi l'auteur du livre Adieu la culpabilité ! (éditions Jouvence), qui approfondit ces mêmes mécanismes.
Vous reconnaissez-vous dans cette culpabilité qui semble ne jamais vous appartenir tout à fait ?
C'est souvent le signe qu'une part de vous cherche à être entendue.
Un accompagnement personnalisé peut vous aider à en identifier l'origine et à vous en libérer psychologiquement et émotionnellement en douceur poru retrouver votre énergie d'évolution et d'épanouissement. Aussi, n'hésitez pas à me contacter pour en discuter.
Source citée : étude Ipsos pour O2 Care Services, « Les Français et la charge mentale », 2018.
Anne-Françoise
CoachingetVous!





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